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Pourquoi est-ce si difficile de prendre la parole en public ?

29 octobre 2026 par
Alcyone Guillevic

En voilà une bien bonne question. C'est vrai ça, pourquoi est-ce si difficile de prendre la parole en public ? 

Que vous soyez adulte, ado ou enfant, chef d'entreprise ou salarié, introverti ou extraverti, la prise de parole est un exercice inconfortable au démarrage. 

Rien d'anormal, puisque... personne ne vous a jamais appris comment faire. Explications. 

Un exercice fastidieux dès les premières années d'école

Vous souvenez-vous des multiples poésies à apprendre par cœur en primaire ? Ces mêmes poésies qui, bien souvent créaient un vent de panique à la maison le soir, parce qu'il fallait connaître le texte sur le bout des doigts. En quelques jours, il était question de mémoriser un texte plus ou moins long, pour le réciter devant toute la classe, debout, face au tableau. 

Panique, angoisse. Certains ne se souviennent que de l'état émotionnel catastrophique dans lequel ils étaient : les mains moites, des plaques sur le buste, une peau qui vire au rouge pivoine, sueurs froides, voire dans les cas les plus graves... malaises et vomissements. 

Et vous savez-vous ? Qu'il est normal d'être complètement paniqué à l'idée de passer au tableau quand on ne vous a jamais appris à gérer votre stress, le trac. C'est une prise de conscience que j'ai eue il y a peu de temps : je me suis rendu compte combien personne ne nous apprenait à parler en public. 

Il était question d'apprendre ces poésies par cœur pour entraîner notre mémoire, acquérir du vocabulaire et des techniques d'écriture plus complexes et poétiques, mais le cœur de l'exercice... à savoir réciter, était un flou total. 

Plus encore, chaque trimestre était l'occasion pour les enseignants de faire le point sur la prise de parole : votre enfant lève-t-il assez le doigt ? Ose-t-il assez donner son avis, répondre aux questions sans qu'on lui demande de le faire ? S'il est timide, il voit sa note globale chuter parce qu'on lui reproche de ne pas assez lever la main. Oui mais... lui a-t-on appris à le faire en sécurité ? Lui a-t-on montré la voie pour trouver la sienne ? 

Parler en public ou se mettre à nu

Que c'est impressionnant, dès les premières années d'école, de se retrouver là, debout, les bras le long du corps, face à plus d'une vingtaine de camarades, les yeux écarquillés. Et cela continue les années suivantes : les exposés, les cours de musique durant lesquels vous devez poussez la chansonnette, les oraux d'examens, etc.

Être d'un coup d'un seul le centre de l'attention est particulièrement déstabilisant. Les regards sont fixés sur vous, vous êtes la seule et unique personne devant prendre la parole. Vous devez vous faire entendre, parler assez fort, regarder vous ne savez trop où, vous ne savez pas non plus quoi faire de vos bras car chaque mouvement vous semble être difficile, ridicule, "trop". 

Les questions se bousculent dans votre tête "Est-ce que j'ai quelque chose entre les dents ?", "Est-ce qu'ils vont voir que je tremble ?", "Et si j'oublie mon texte ?", "Mince, j'ai dit X au lieu de Y", "Je crois que ma braguette est ouverte", "J'ai chaud", "Pourquoi est-ce qu'il baille, là bas ? Ce que je dois dire l'ennuie...". 

Quand vous prenez la parole en public, vous sollicitez votre corps en entier. Ce ne sont pas moins de 200 à 300 muscles qui s'activent lorsque vous devez parler un peu plus fort pour vous faire entendre. Alors, effectivement, on peut véritablement parler de don de soi dans une prise de parole. Il faut gérer vos émotions, le ton de votre voix, le débit de vos mots, votre posture, et créer l'illusion que tout va bien sans que personne ne soupçonne l'inverse. Il y a ce qui se trame dans votre tête, ce que vous laissez paraître, ce que vous masquez, et ce qui sera compris et reçu par le public. Il est question d'oser prendre votre place devant les autres. Seulement voilà, c'est comme si être à l'aise était une tare, quelque chose de complètement incroyable dont nous devrions avoir honte. C'est fou, non ? 

Comment désacraliser la prise de parole en public dès le plus jeune âge ?

L'aisance s'acquiert à tout âge. J'en suis la preuve vivante : j'étais timide maladive enfant. Je transpirais tellement des mains de stress que je déchirais les pages de mes cahiers en primaire. Je virais même au rouge vif dès qu'on s'adressait à moi. Mais c'est en voulant vivre de mes passions que j'ai osé sortir de mon cocon et déployer mes ailes. C'est incroyable quand j'y pense : l'ancienne timide maladive s'est orientée naturellement vers des métiers qui m'exposent aux autres. Je chante, j'anime des émissions, je manage une équipe, je forme, je coache. Moi qui ai passé mon enfance à me cacher, je donne désormais une partie de moi chaque jour. J'aurai toutefois tellement apprécié qu'on m'explique comment faire avant ! Histoire de ne pas perdre confiance en moi quand ma moyenne chutait à cause de l'expression orale en cours, ou simplement pour vivre les expériences de la vie avec plus d'intensité.

Si vous êtes parents, vous avez les clés en votre possession pour accompagner vos enfants dans cette assurance. Il faut déjà avoir conscience qu'un enfant qui apprend à s'exprimer en public doit pouvoir parler sans être interrompu, repris constamment. La valorisation du discours est essentielle : ce n'est pas la perfection qui est recherchée, mais l'aisance, la confiance. Il est aussi intéressant de demander l'avis de votre enfant régulièrement, histoire qu'il associe le partage de ses émotions, de sa vision, à quelque chose de naturel. Longtemps, les enfants ont été objectivés : se faire petits, ne pas broncher, ne pas se mêler, rester là, sans faire de bruit. Mais aujourd'hui, l'heure est au partage. 

Lorsque vos enfants ramènent des poésies de l'école, concentrez-vous sur l'apprentissage du texte puis, offrez quelques conseils à votre enfant pour sécuriser sa prise de parole : 

  • Comment se tenir : bien droit, les épaules en arrière, la tête relevée. 
  • Comment s'exprimer : imaginer que sa voix doit atteindre un point tout au fond de la classe pour apprendre à "projeter". 
  • Comment articuler, quel rythme avoir. 
  • Comment gérer son stress : bien respirer avant de passer, fixer un point au fond de la salle pour rester concentré, prendre le temps de faire des pauses. 
  • Comment se mettre dans de bonnes conditions : sourire, prendre son temps, répéter, trouver des solutions si jamais il a un trou de mémoire, trouver des moyens mnémotechniques s'il bute sur un ou plusieurs mots en particulier. 
  • Comment incarner et se donner toutes les chances de réussir : comprendre ce qu'il dit, lui expliquer ce que signifie la poésie, ce que veut dire chaque mot compliqué, lui demander de la réexpliquer avec ses mots. Je reste convaincue qu'on apprend mieux quand on comprend. 

Il y a malheureusement des compétences qui mériteraient vivement d'être apprises à l'école dès le plus jeune âge, car ces dernières deviennent indispensables une fois adulte. Ces soft skills essentiels, qui permettraient aussi de se délester de bien des maux ! Alors, si vous souhaitez être plus à l'aise à l'oral, ou donner toutes les clés à votre enfant, réservez votre coaching sans plus attendre ! 

(Crédit photo : Image de Magnific - libre de droits)



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